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Canicule : Grabels rafraichit son école maternelle à bas coût

auteurPierre Magnetto | Samedi 27 juin 2026 | 16:19
Le village héraultais s’est engagée dans la démarche RACINE pour son école maternelle avec le soutien de l'Agence Locale Énergie Climat de Montpellier Méditerranée Métropole. Après une année d’équipement et de réorganisation la température a baissé de 4 degrés. La réalisation du projet dans son entier a été programmée sur 3 ans avec des écarts de température plus importants attendus.

A Grabels, commune de 9 000 habitants dans l’Hérault, on sait ce que coûte la rénovation énergétique d’une école. Celle de l’élémentaire Joseph Delteil réalisée en 2023-2024 aura nécessité 5,2 millions d’euros d’investissement. L’école était ancienne, construite en 1990, mais l’école maternelle Ponsy mise en service en 2000, bien que moins vétuste, nécessitait aussi des améliorations sur le plan thermique. Seulement voilà, difficile de trouver un budget pour la ville aujourd’hui. La commune a décidé de candidater à l’Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par le programme RACINE (Recherche sur l’Adaptation aux Canicules à l’Intérieur de Nos Écoles) de l’ACT’EE (Action des collectivités territoriales pour la transition énergétique), pour un accompagnement dans la mise œuvre de solutions dites low-tech, ne reposant pas sur des innovations technologiques mais sur des principes d'organisation et des solutions de bon sens.

Pour cela, elle s’est appuyée sur l'Agence Locale Énergie Climat (ALEC) de la métropole de Montpellier qui était déjà intervenue sur l’élémentaire. « Dès le diagnostic, tous les acteurs ont été associés : élus, services techniques, enseignants, agents municipaux et parents d'élèves. Ce travail d'acculturation a permis de vulgariser des notions complexes comme la thermique du bâtiment ou les effets de la chaleur sur le corps, pour que chacun comprenne les enjeux techniques et accepte les changements de pratiques nécessaires », explique Elia Mangani de l’ALEC, référente auprès de RACINE pour la conduite du projet. « Cette démarche a permis aux participants de développer une certaine ouverture d'esprit sur la possibilité d'avoir un plan canicule à l'école, de faire la classe dehors », poursuit-elle. Et puis des engagements ont été pris relatifs à l'habillement des enfants, au suivi de formations pour modifier les comportements, à la communication avec les parents ou encore à l'adaptation des activités selon la température.

Une programmation sur trois ans

Sur le plan technique, il s’agit de protéger le bâtiment du rayonnement solaire avec l’installation de voiles d'ombrage en fibres de coco, ce matériau naturel ayant l'avantage d'être perméable au vent, laissant l'air circuler, tout en créant de l'ombre sur les façades et aux abords du bâtiment. Des brasseurs d’air ont également été installés au plafond. Un autre axe d’intervention consiste à décharger le bâtiment la nuit de la chaleur accumulée durant la journée. Pour évacuer l’air chaud et faire entrer la fraicheur extérieure, il fallait créer des courants d’air en ouvrant les fenêtres. Pour prévenir les intrusions dans l’école, la commune a eu recours au gardiennage.

« Ces premières mesures mises en œuvre en une année permettent de gagner 3 à 4 degrés dans les classes », estime Elia Mangani qui a pu comparer les données par rapport à un épisode de chaleur quasi identique survenu un an plus tôt. Mais le projet n’est pas terminé. Pour l’instant, 2 classes ont été équipées sur les 9 que compte l’école. A terme le projet prévoit l'installation de menuiseries automatiques avec moustiquaires et barreaudages sécurisés, tandis que la végétalisation de la cour créera un îlot de fraîcheur pérenne. L’expérimentation de la démarche RACINE aura nécessité 20 000 euros d’investissement pour cette première année, auxquels il faut rajouter 3 000 euros de frais de gardiennage durant la dernière période marquée par la canicule. Le programme lancé à Grabels pour traiter toutes les classes s'étalera sur trois ans avec un gain encore accru sur la température.