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Alimentation : Manger sain, local et durable, des questions qui tiennent au ventre

auteurJulie MATAS | Lundi 05 novembre 2018 | 10:32

Des actions en faveur d’une agriculture durable avec au centre des préoccupations les questions liées à la protection de l’environnement et à la sécurité alimentaire ; la priorité donnée dans les achats alimentaires aux produits régionaux ; l’éducation pour permettre à chacun de choisir son alimentation de manière éclairée ; innover du champs à l’assiette, au juste prix pour tous : telles sont les grands axes qui, selon les habitants d’Occitanie, doivent prévaloir à une politique régionale de l’alimentation. La présidente de la Région, Carole Delga a indiqué que cette dernière serait la grande cause régionale de l’année 2018. Son, objectif est d’arriver au mois de décembre à boucler un Pacte régional pour une alimentation durable en Occitanie, impliquant habitants-consommateurs, collectivités, l’ensemble des professionnels des filières agricoles et agroalimentaires ainsi que les tissus associatifs en contact avec le public, la recherche scientifique, etc.

Une démarche participative

La démarche entreprise par la Région se veut avant tout participative. Au printemps dernier, elle a engagé une concertation citoyenne inédite à travers un questionnaire rempli par 55 000 personnes. « L’Occitanie veut être la Région du bien vivre et du bien-être, dans son esprit collectif et de responsabilité environnementale. Nous devons aussi permettre à chaque agriculteur, producteur de percevoir une rémunération juste », expliquait Carole Delga lors de la restitution des résultats de cette première enquête, en octobre dernier.

Dans un premier temps, d'avril à septembre, les habitants de la région Occitanie ont été invités à participer à cette grande concertation citoyenne sur l’alimentation en remplissant un questionnaire sur leurs habitudes de consommation. Parallèlement, 1200 participants ont pris part aux 14 rencontres territoriales organisées dans les 13 départements d’Occitanie, de mai à juillet. C’est à partir de ces résultats que les champs d’action que doit mettre en œuvre la région ont été identifiés. Une nouvelle consultation en ligne est en cours, qui s’achèvera le 15 novembre. Elle doit permettre à l’intérieur des quatre domaines déjà cités, de définir les actions prioritaires qui seront mises en œuvre par la Région.

Les femmes plus impliquées que les hommes

Le premier volet de l’enquête montre que les femmes semblent davantage intéressées par cette question que les hommes. Elles constituent les deux tiers des répondants. Le fait qu’elles sont en général plus impliquées dans les actes d’achats alimentaires est peut-être un des éléments d’explication. A noter que quelque soit le sexe, les tranches d’âges les plus préoccupées par ces questions sont les 35-49 ans et les 50-64 ans qui représentent à elles seules près de 60% des répondants. Le classement des personnes ayant répondu au questionnaire selon les catégories socioprofessionnelles montrent que ce sont les retraités (24% des réponses), les employés (19%), les professions intermédiaires (16%) et les cadres ou professions intellectuelles (15%) qui ont le plus répondu à la consultation. En revanche, il est intéressant de constater que les autres catégories se sont très peu impliquées dans la consultation, seulement 2% des réponses émanent des agriculteurs-exploitants, 1% des ouvriers, 2% des inactifs ou encore 6% des étudiants.

Parallèlement, on notera aussi que ce sont les départements les pus urbanisés qui se sont montrés les plus sensibles à la démarche de la région : 19% de réponses en provenance de l’Hérault, 29% de Haute-Garonne, mais seulement 2% en Lozère et 3% dans le Lot. Les raisons de ces disparités tiennent sans doute à la différence du poids démographique de chaque département, au moins il y a d’habitants, au moins il y a de réponses. Mais toutefois l’étude souligne que 37% des réponses proviennent d’habitants des villes, 28% de personnes vivant dans le péri-urbain et 35% dans les zones rurales ou de montagne.

Très important pour 71% des répondants

Parmi les autres données intéressantes à analyser, la dépense hebdomadaire moyenne d’achats de produits alimentaires. La moitié des occitaniens dépense entre 100 et 200 euros toutes les semaines ; 35% moins de 100 euros, 19% entre 201 et 300 euros et, 7% plus de 300 euros. D’autre part, la consommation en  circuit court si elle n’est pas majoritaire, n’est pas négligeable non plus. Plus d’un tiers des habitants l’utilise, mais les hyper ou super marchés classiques restent le lieu prioritaire d’achat pour 40% des habitants. Enfin, le nombre de personnes potentiellement intéressées par l’utilisation du circuit court représente près de la moitié des habitants, mais les principales entraves sont la méconnaissance ou l’ignorance des lieux de distribution, voire l’absence de structures de ce type sur certains territoires.

La recherche d’une alimentation saine et équilibrée est fortement exprimée, c’est en tout cas « très important » pour 71% des répondants qui parmi leurs principales priorités, les variations par tranche d’âge étant relativement faibles puisqu’on passe de 66% chez les moins de 24 ans à 72% chez les plus de 65 ans. Mais cette volonté de manger sain s’évalue aussi par d’autres critères : 79% des personnes interrogées disent manger en priorité des produits de saison, 62% varient régulièrement leur alimentation pour manger équilibrer et 59% préfèrent consommer des produits locaux. Cette enquête est donc prolongée par une consultation en cours. Il est évident que des pistes de réflexion s’en dégagent déjà. Reste maintenant à approfondir la réflexion pour définir un plan régional d’actions qui devrait être finalisé à la fin de l’année.